Blogosphère
Le mot désigne l'ensemble des blogs considérés comme un réseau, et non comme une simple collection. Il a été forgé en 1999 par Brad Graham, sur le modèle de logosphère, d'abord par plaisanterie, puis repris sérieusement à partir de 2002.
Trois mécanismes relient les blogs entre eux. Le blogroll, liste de liens permanents vers d'autres blogs affichée en colonne. Le rétrolien, notification automatique envoyée au blog cité pour signaler qu'on parle de lui. Le fil de syndication, qui permet de suivre plusieurs blogs depuis un seul agrégateur. Ces trois dispositifs, aujourd'hui largement tombés en désuétude, expliquaient la densité du maillage.
Format des blogs
Un blog se définit par l'antichronologie, le billet le plus récent en haut, la signature personnelle, et l'ouverture aux commentaires. Ces trois traits le distinguent du site institutionnel comme du forum. Le mot vient de weblog, journal de bord sur le web, abrégé en blog par Peter Merholz en 1999.
Économie de l'attention
La blogosphère fonctionnait selon une loi de puissance : une poignée de blogs concentraient l'essentiel de l'audience et des liens entrants, une longue traîne d'autres n'en recevait presque aucun. Cette structure, décrite par Clay Shirky en 2003, n'était pas un accident mais une propriété des réseaux où chacun choisit librement ses liens.
Déclin et persistance
Les réseaux sociaux ont capté la conversation à partir de 2008, et la fermeture de Google Reader en 2013 a porté un coup aux fils de syndication. Le format n'a pas disparu pour autant : il subsiste dans les infolettres, dans les plateformes de publication personnelle et dans les blogs techniques, où la recherche par mots-clés reste le principal canal d'accès.
Retour d'intérêt
La saturation publicitaire des réseaux sociaux et l'incertitude sur leurs algorithmes ont ramené une partie des auteurs vers des espaces qu'ils contrôlent. Le blog personnel avec fil de syndication connaît un regain d'intérêt dans les milieux techniques, précisément pour la raison qui l'avait fait délaisser : il ne dépend d'aucune plateforme.